Rapport final d'ICA: Établissement de priorités en matière de recherche et d’innovation dans l’industrie de la transformation des aliments et des boissons 2017

1 septembre 2017

Cliquez ici pour le rapport final en format PDF

Sommaire

Avec l’appui d’Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) et en collaboration avec des membres du Conseil canadien des transformateurs alimentaires (CCTA), le groupe Innovateurs canadiens en alimentaire (ICA) a entrepris d’élaborer un plan d’action définissant les priorités en matière de recherche et d’innovation pour les entreprises de la transformation alimentaire au Canada. Ce processus comportait la tenue de sept réunions de consultation régionales et d’une réunion nationale avec des représentants de petites et grandes entreprises de transformation des aliments et des boissons, de la communauté de la recherche, des gouvernements et d’organismes appuyant les efforts d’innovation dans l’industrie. Une analyse contextuelle de la recherche sur l’innovation en transformation alimentaire au Canada ainsi qu’un sondage distribué à l’échelle nationale ont également été réalisés.

À l’issue du processus de consultation, les thèmes de recherche prioritaires suivants ont été définis :

Des solutions alimentaires qui renforcent la confiance des consommateurs tout en répondant à leurs besoins : innovations en matière de santé et de bien-être (p. ex. produits à teneur réduite en sucre, en gras ou en sel); aliments de type « clean label » (p. ex. aliments comportant le moins d’additifs possible); aliments fonctionnels et ingrédients innovants (p. ex. prébiotiques, probiotiques).

L’innovation en matière de salubrité alimentaire : démontrer que les ingrédients et les procédés de transformation innovants sont sans danger; innovations en matière d’emballage pour prolonger la durée de conservation, améliorer la salubrité des aliments et les attributs de qualité; méthodes plus précises pour détecter les agents pathogènes et limiter la falsification et d’autres facteurs de risque.

Des technologies innovantes contribuant aux pratiques durables et à l’atténuation des changements climatiques : automatisation des procédés pour améliorer la productivité de la main-d’oeuvre et accroître le rendement et la récupération des coûts; optimisation des procédés pour une meilleure performance et des produits de qualité supérieure, un rendement accru de la production à moindre coût, et une plus grande marge de manoeuvre; technologies propres favorisant l’utilisation plus rationnelle des ressources énergétiques et hydriques et la réduction des émissions de gaz à effet de serre; réduction des emballages ou utilisation accrue d’emballages biodégradables ou entièrement recyclables.

Des produits et des procédés de production à valeur ajoutée pour favoriser la croissance et la compétitivité sur les marchés mondiaux : développer des produits innovants composés d’ingrédients de base (p. ex. produits laitiers, légumineuses, céréales, fruits et légumes), en misant d’abord sur ceux cultivés ou produits au Canada; récupérer la valeur des coproduits et des déchets issus de la transformation; bonifier la valeur des ingrédients alimentaires en développant des applications non alimentaires.

Les participants du forum ont également exprimé un besoin de soutien dans d’autres domaines pour les aider à faire progresser la recherche et l’innovation au sein de leurs entreprises. Cela comprend d’assurer la visibilité des ressources et de l’expertise qui sont déjà offertes au Canada par la mise au point et la promotion d’un inventaire des actifs, de même que de faciliter la collaboration et le réseautage dans l’ensemble de l’industrie pour développer des relations pouvant aboutir à des projets de recherche et des initiatives d’innovation menés en collaboration. Outre favoriser la collaboration et la viabilité des actifs au sein de l’industrie, les participants souhaitent voir l’ICA assumer le rôle de principal organisme  responsable de représenter l’industrie canadienne de la transformation des aliments et des boissons lors de discussions avec les gouvernements sur des questions liées à la R et D et à l’innovation.

Toutefois, la difficulté de mettre en oeuvre des solutions qui répondront aux besoins relevés par les participants du forum tient au fait que les ressources sont limitées. En plus de capitaux de démarrage pour mettre au point les produits et services requis, il s’impose également de trouver un moyen de rendre ceux-ci financièrement viables à long terme.

Résumé des thèmes de recherche prioritaires

Les thèmes de recherche prioritaires qui suivent ont été définis en fonction des résultats des événements du forum de l’ICA organisés partout au pays, du sondage distribué à l’échelle nationale et de la consultation tenue avec d’importants acteurs de l’industrie de la transformation des aliments et des boissons au Canada.

Des solutions alimentaires qui renforcent la confiance des consommateurs tout en répondant à leurs besoins

  • Innovations en matière de santé et de bien-être (p. ex. produits à teneur réduite en sucre, en gras ou en sel)
  • Aliments de type « clean label » (p. ex. aliments comportant le moins d’additifs possible)
  • Aliments fonctionnels et ingrédients innovants (p. ex. prébiotiques, probiotiques)

L’innovation en matière de salubrité alimentaire

  • Démontrer que les ingrédients et les procédés de transformation innovants sont sans danger
  • Innovations en matière d’emballage pour prolonger la durée de conservation, améliorer la salubrité des aliments et les attributs de qualité
  • Méthodes plus précises pour détecter les agents pathogènes et limiter la falsification et d’autres facteurs de risque

Des technologies innovantes contribuant aux pratiques durables et à l’atténuation des changements climatiques

  • Automatisation des procédés pour améliorer la productivité de la main-d’oeuvre et accroître le rendement et la récupération des coûts
  • Optimisation des procédés pour une meilleure performance et des produits de qualité supérieure, un rendement accru de la production à moindre coût, et une plus grande marge de manoeuvre
  • Technologies propres favorisant l’utilisation plus rationnelle des ressources énergétiques et hydriques et la réduction des émissions de gaz à effet de serre
  • Réduction des emballages et utilisation accrue d’emballages biodégradables ou entièrement recyclables

Des produits et des procédés de production à valeur ajoutée pour favoriser la croissance et la compétitivité sur les marchés mondiaux

  • Développer des produits innovants composés d’ingrédients de base (p. ex. produits laitiers, légumineuses, céréales, fruits et légumes), en misant d’abord sur ceux cultivés ou produits au Canada
  • Récupérer la valeur des coproduits et des déchets issus de la transformation
  • Bonifier la valeur des ingrédients alimentaires en développant des applications non alimentaires

Processus d’établissement des thèmes de recherche prioritaires de l’ICA

Avec l’appui d’Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC), le groupe Innovateurs canadiens en alimentaire (ICA) a entrepris d’élaborer un plan d’action définissant les priorités en matière de recherche et d’innovation pour les entreprises de la transformation alimentaire au Canada.

En collaboration avec des membres du Conseil canadien des transformateurs alimentaires, l’ICA a mené des consultations auprès de l’industrie au printemps 2017 dans le but de valider les priorités de recherche de l’industrie canadienne de la transformation alimentaire. Sept réunions de consultation régionales ont été organisées d’un bout à l’autre du pays dans le but de recueillir le point de vue de représentants de l’industrie provenant notamment de grandes entreprises de transformation ainsi que de petites et moyennes entreprises, du milieu universitaire, des gouvernements et d’organismes appuyant les efforts d’innovation dans l’industrie.

Par la suite, l’ICA a tenu une réunion nationale avec d’importants acteurs de l’industrie de la  transformation des aliments et des boissons et des représentants du gouvernement pour examiner et valider les résultats régionaux. Les rapports des huit réunions se trouvent à l’annexe du présent document.

L’ICA a retenu les services de la firme Brezina Consulting pour réaliser une analyse contextuelle de la recherche sur l’innovation en transformation alimentaire au Canada. Cette analyse contextuelle, ainsi que les recommandations qui la complètent, figure également à l’annexe du présent document.

Par l’entremise des membres du CCTA, un sondage distribué à l’échelle nationale a été élaboré dans les deux langues officielles dans le but de recueillir les commentaires de ceux qui n’ont pu participer à l’un des événements du forum.

Thèmes de recherche
 

Des solutions alimentaires qui renforcent la confiance des consommateurs tout en
répondant à leurs besoins

Dans six des sept régions, les participants ont nommé comme priorité absolue celle d’être en mesure de répondre à la demande des consommateurs pour de nouveaux produits alimentaires, de tenir compte de leurs perceptions et leurs préférences et de tirer profit des tendances de consommation des produits alimentaires.

Cette priorité s’explique par plusieurs facteurs. Un concerne les nouvelles réalités démographiques – les consommateurs du millénaire, les baby-boomers qui vieillissent et la diversité canadienne en progression résultant de l’immigration. Un autre a trait à la sensibilisation et l’intérêt accru des consommateurs sur la manière dont les aliments sont produits ainsi que leur provenance. Les choix des consommateurs s’appuient grandement sur la conscience sociale, qui est souvent renforcée par les perceptions véhiculées par les médias sociaux et conventionnels. L’engouement des consommateurs pour l’alimentation offre d’importantes possibilités de développer des boissons et produits alimentaires innovants et plus sains, d’adopter des modes de production plus durables et d’introduire de nouveaux aliments et ingrédients fonctionnels sur le marché.

Innovations en matière de santé et de bien-être
Les aliments pour la santé présentent de vastes possibilités, car une alimentation saine et les règlements gouvernementaux pour des aliments plus sains sont considérés comme des catalyseurs importants de l’innovation au Canada et dans le monde entier. Ces possibilités comprennent les améliorations nutritionnelles des produits alimentaires, l’amélioration de la digestibilité, la réduction ou le remplacement d’ingrédients néfastes pour la santé, comme le sel ou le sucre, grâce à leur substitution ou
reformulation. Les aliments pour la santé ouvrent également la voie aux produits et ingrédients à base de protéines végétales, particulièrement à ceux pouvant être cultivés au Canada.

L’importance accordée à la santé humaine devrait être combinée à la capacité de donner aux consommateurs de l’information exacte et scientifique, et non pas « issue de Facebook », afin de renforcer la confiance des consommateurs en ces types de produits.

Aliments de type « clean label »
Les consommateurs sont plus attentifs à ce qu’ils mangent et à ce qu’ils donnent à manger à leurs enfants et à leurs animaux, et grâce aux téléphones intelligents, l’information se trouve au bout de leurs doigts. Or, cette information pourrait être fondée sur des perceptions rapportées dans les médias sociaux plutôt que des données scientifiques. Pour l’industrie de la transformation des aliments et des boissons, la tendance de l’étiquetage épuré (clean label) appelle à des produits sans additifs ou comportant le moins d’additifs possible, de même qu’à des pratiques naturelles, propres et durables de production, une opportunité qu’il est possible d’exploiter au moyen de nouveaux procédés de transformation et de la reformulation des produits.

L’étiquetage épuré repose notamment sur la réduction ou la substitution d’ingrédients particuliers – sucre, gras trans, gluten, agents de conservation et additifs – pour répondre à divers besoins, y compris les allergies alimentaires, les problèmes de santé, l’aspiration à un mode de vie sain.

Pour les entreprises détenant des marques de tradition ou proposant des aliments de base, l’introduction de nouveaux produits est essentielle afin de garder leur place sur le marché.

Aliments fonctionnels et ingrédients innovants
Les préférences et les tendances de consommation sont en train de changer, délaissant les aliments pauvres en qualités nutritives en faveur de nouveaux aliments plus riches sur le plan nutritionnel. Ce changement ouvre la porte à de nouvelles possibilités d’offrir des produits améliorés, notamment des aliments fonctionnels et des boissons contenant des probiotiques ou des antioxydants ou encore, de nouvelles protéines végétales pour répondre aux besoins des régimes végétariens et végétaliens, de plus en plus courants.

L’innovation en matière de salubrité alimentaire
Dans l’ensemble des régions du pays, la salubrité des aliments a été mentionnée comme étant un domaine d’innovation prioritaire, qui doit être considéré comme une « nécessité », et non pas comme un instrument pour se démarquer ou se distinguer de la concurrence. Ce consensus contribue à faire de ce thème un secteur particulièrement propice à la recherche précompétitive en transformation d’aliments et de boissons. La recherche précompétitive est l’espace où les entreprises concurrentes peuvent collaborer à la réalisation d’un objectif de recherche commun.

Démontrer que les ingrédients et les procédés de transformation innovants sont sans danger
Avant qu’un nouveau procédé de transformation ou un produit alimentaire ne soit mis sur le marché, il faut prouver qu’il ne représente aucun danger pour les consommateurs. Les technologies nouvelles et novatrices peuvent déborder du cadre règlementaire existant fixé par le gouvernement en matière de salubrité alimentaire et doivent donc être testées et certifiées de manière indépendante afin d’assurer que le produit final respecte les normes de salubrité. L’innovation en matière de produits « frais » en est un exemple concret.

De nombreux additifs alimentaires contribuent à inhiber le développement d’agents pathogènes. La chimie des aliments étant modifiée lorsque la teneur en sodium est réduite ou que l’utilisation de certains additifs est supprimée, il s’avère nécessaire de démontrer qu’un produit alimentaire ainsi reformulé demeure salubre.

Innovations en matière d’emballage pour prolonger la durée de conservation, améliorer la salubrité des aliments et les attributs de qualité
L’augmentation de la durée de conservation peut aider à contrer les variations climatiques qui font en sorte qu’il y a soit une abondance ou une pénurie d’un produit lors d’une année donnée. Il y a des avantages considérables à changer ou à minimiser les exigences de transformation pour offrir des produits de longue conservation d’une qualité et d’une fraîcheur exceptionnelles. Les nouveaux emballages peuvent aussi favoriser la prolongation de la durée de conservation, tout comme la reformulation d’un produit pour limiter le nombre d’ingrédients sans toutefois compromettre ses attributs.

Méthodes plus précises pour détecter les agents pathogènes et limiter la falsification et d’autres facteurs de risque
La prévention des fraudes portant sur les produits a été soulevée en tant qu’avenue prometteuse pour la recherche préconcurrentielle dans le secteur. Cela inclut de prévenir la divulgation inexacte des ingrédients et la production de produits imités ou contrefaits qui ne viennent pas avec les garanties de traçabilité, la qualité et les normes de fabrication de leurs produits originaux. La mise au point de méthodes rapides et plus précises pour la détection des bactéries est également prioritaire, surtout avec l’apparition de nouvelles menaces pour la santé, à savoir de nouveaux agents pathogènes, de nouvelles souches d’agents pathogènes déjà connus, une résistance accrue aux antimicrobiens.

Des technologies innovantes contribuant aux pratiques durables et à l’atténuation des
changements climatiques

Les progrès technologiques étaient considérés comme un puissant moteur d’innovation et servant à ouvrir la voie aux entreprises pour améliorer leurs processus, résoudre leurs problèmes ou surmonter les obstacles associés à la production ou aux produits mêmes, améliorer la mécanisation ou l’automatisation, renforcer la salubrité des aliments, s’adapter aux changements climatiques et, de façon générale, accroître la rentabilité.

L’automatisation des procédés pour améliorer la productivité de la main-d’oeuvre et accroître le rendement et la récupération des coûts
La main-d’oeuvre a été citée comme un secteur prioritaire dans toutes les régions du pays – du recrutement à la rétention des employés, en passant par les coûts de formation. La mécanisation et l’automatisation accrues des installations destinées à la transformation des aliments peuvent compenser le défi que pose la nécessité de recruter et de conserver une main-d’oeuvre compétente et le coût s’y rattachant. Parallèlement, la mécanisation et l’automatisation ont le potentiel d’accroître la productivité et la production par une technologie de pointe, tout en réduisant le gaspillage et en améliorant l’efficacité. L’automatisation assure la mise en place d’opérations de plus en plus intégrées, guidées par des données et technologiquement avancées, qui s’ajustent aux besoins des entreprises quant aux aptitudes et compétences en milieu de travail.

L’optimisation des procédés pour une meilleure performance et des produits de qualité supérieure, un rendement accru de la production à moindre coût, et une plus grande marge de manoeuvre
Les innovations technologiques et l’évolution des procédés de fabrication et de transformation des aliments et boissons peuvent à la fois stimuler la production et la productivité, tout en augmentant la qualité des produits. Par la mise en place de procédés nouveaux ou améliorés, les entreprises peuvent également réduire les coûts de production – un facteur clé de la compétitivité – en réduisant le volume d’intrants dont elles ont besoin, comme l’eau ou l’énergie.

Des technologies propres favorisant l’utilisation plus rationnelle des ressources énergétiques et hydriques et la réduction des émissions de gaz à effet de serre
De nos jours, une plus grande transparence quant à la façon dont les aliments sont produits ainsi que leur provenance importe pour une grande majorité de consommateurs. Cette attente vise une production qui contribue à un développement local, durable et surtout, responsable sur le plan environnemental tant socialement qu’économiquement.

Il existe un réel besoin de faire appel à des technologies propres dans les entreprises de transformation des aliments et des boissons qui permettent d’atténuer l’empreinte environnementale de l’industrie, soit par une réduction des émissions de gaz à effet de serre, une consommation moindre des ressources énergétiques et un usage plus efficient des réserves d’eau disponibles. L’utilisation d’une solution technologique propre pour diminuer la consommation d’eau et en améliorer sa qualité est un exemple de mesures respectueuses sur le plan environnemental.

La réduction des emballages et l’utilisation accrue d’emballages biodégradables ou entièrement recyclables
Concevoir des emballages en utilisant moins de matériel, faciliter la vie du consommateur et prolonger la durée de conservation des produits sont tous des facteurs contribuant à une production durable. Pour réussir la transition vers une économie circulaire, les futurs emballages devront être entièrement recyclables ou compostables. Non seulement ce type d’innovation en matière d’emballage contribue à atténuer les incidences environnementales de ce secteur et à en assurer sa pérennité, mais peut permettre également de mieux contrôler les coûts de production (en utilisant moins de matériel, en ayant recours à des ingrédients de remplacement, etc.) et de réduire le gaspillage alimentaire.

Ainsi, les nouvelles technologies d’emballage intelligent peuvent communiquer des données sur l’état du contenu en cours de distribution tandis que les emballages actifs peuvent intégrer une technologie pour réduire la prolifération microbienne. Les emballages innovants présentent d’autres avantages supplémentaires comme le prolongement de la durée de conservation, l’amélioration de la salubrité des aliments et la réduction des pertes liées à la détérioration ou aux bris d’emballage.

Des produits et des procédés de production à valeur ajoutée pour favoriser la croissance
et la compétitivité sur les marchés mondiaux

D’un bout à l’autre du pays, un large consensus se dégageait parmi les participants du forum : autant sur les marchés nationaux qu’à l’étranger, plus d’importance devrait être accordée au développement de produits à valeur ajoutée plutôt que de simplement vendre des produits alimentaires de base et transformés. Concrétiser cette différenciation au moyen de l’innovation profitera aux agriculteurs et aux consommateurs, mais contribuera surtout à assurer la croissance et la compétitivité des entreprises de transformation des aliments et des boissons. Cette véritable possibilité de croissance consiste à prendre un nouveau produit à valeur ajoutée offert sur le marché canadien et étendre sa disponibilité sur les marchés mondiaux à une clientèle haut de gamme.

Le contexte commercial mondial en pleine évolution, notamment le Brexit, le Partenariat transpacifique et l’Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne, ouvre de nouvelles perspectives pour les produits canadiens sur les marchés internationaux. La marque canadienne a bonne presse ici et ailleurs, alors la promotion de « cultivé par » ou « transformé par » d’entreprises canadiennes est une belle occasion pour les marchés à la fois internes et d’exportation.

Développer des produits innovants composés d’ingrédients de base (p. ex. produits laitiers, légumineuses, céréales, fruits et légumes), en misant d’abord sur ceux cultivés ou produits au Canada
Les participants ont souligné la nécessité d’augmenter l’offre et l’accès à des aliments et ingrédients de base produits localement, ou du moins en provenance du Canada. Plusieurs ingrédients de spécialité entrant dans la fabrication de produits alimentaires destinés à un marché de niche ne sont pas disponibles au Canada et doivent être importés des États-Unis. Les transformateurs d’aliments ont exprimé leur préférence à pouvoir s’approvisionner au Canada en raison de la fiabilité et de la facilité d’accès des ressources disponibles. Des chaînes d’approvisionnement à proximité peuvent également faire baisser les coûts de transport et éliminer les délais de livraison occasionnés par le contrôle à la frontière.

Récupérer la valeur des coproduits et des déchets issus de la transformation
En plus de réduire la quantité globale de déchets, la possibilité d’être en mesure de transformer ceux-ci en sous-produits utilisables pouvant générer une valeur ajoutée a été également identifiée comme une source d’innovation. Par exemple, le lactosérum, un sous-produit de la production de fromage, peut être utilisé par les agriculteurs pour nourrir le bétail. Toutefois, celui-ci pourrait aussi être transformé en un sous-produit à valeur ajoutée si l’on se tournait vers l’innovation appropriée. Pour de nombreuses entreprises de transformation, la gestion des déchets représente un coût important. Par conséquent, non seulement cela contribuerait à réduire ce poste de dépenses, mais les économies réalisées pourraient être redirigées vers une coentreprise génératrice de revenus. Les dosettes de café entièrement compostables, dont le contenant est fabriqué à partir de charpie de café destinée aux déchets, sont un bel exemple de réussite canadienne dans ce domaine.

Bonifier la valeur des ingrédients alimentaires en développant des applications non alimentaires
La majorité des produits agricoles sont ultimement destinés à l’alimentation humaine ou animale. Pourtant, il y a des composantes et des produits dérivés pouvant potentiellement servir à des usages non alimentaires. C’est le cas des produits issus de la bioindustrie comme les huiles et lubrifiants écologiques, les pièces de véhicules automobiles et les peintures qui sont fabriquées à partir de matières végétales renouvelables plutôt que du pétrole. L’innovation de pointe permettrait éventuellement de trouver des usages non alimentaires aux composantes extraites de certains produits, comme les protéines, le collagène et les composés organiques ciblés pour des marchés finaux déterminés et très lucratifs, notamment ceux des produits cosmétiques et pharmaceutiques.

Autres rôles de l’ICA

En plus de déterminer les priorités auxquelles pourraient répondre la recherche et l’innovation, les participants du forum partout au pays ont également souligné un besoin de soutien pour faire progresser la recherche et l’innovation au sein de leurs entreprises.

Cartographie des actifs et visibilité des ressources

Un thème commun s’est dégagé de tous les événements du forum, à savoir la méconnaissance des ressources et de l’expertise déjà offertes dans l’industrie de la transformation des aliments et des boissons au Canada. L’ICA a l’occasion de jouer un rôle de premier plan dans la mise au point ainsi que l’amélioration et le maintien continu d’une carte nationale des actifs, de même que pour faire connaître cet inventaire des ressources. Répertorier un inventaire accessible de projets de transformation des aliments et des boissons entrepris au Canada constitue une première étape pour accroître la visibilité et faire connaître davantage les résultats des recherches sur la transformation des aliments et des boissons financées par le secteur public.

Toutefois, le succès d’une telle base de données accessible en ligne et contenant des informations sur les résultats de projets et les ressources destinées à la recherche repose sur la capacité de la tenir à jour et de la faire connaître par l’ensemble de la communauté canadienne des aliments et des boissons afin d’assurer son utilisation à grande échelle.

Collaboration et réseautage

Il est manifestement indispensable de renforcer la collaboration et de faciliter le réseautage au sein de l’industrie. Les entreprises canadiennes de transformation des aliments et des boissons ont tendance à travailler en vase clos, indépendamment des universités et des centres de recherche technologique. Par conséquent, il s’impose d’abattre les cloisons et d’augmenter la fréquence et la qualité des échanges entre les chercheurs des secteurs universitaire et public et les entreprises de transformation et de commercialisation dans la sphère de l’innovation. Cependant, il s’avère qu’une condition préalable à la collaboration est la mise en relation des entreprises par le biais d’un écosystème fonctionnel. Dans ce contexte, elles doivent être connectées à la carte des actifs précédemment définie. Surtout, les entreprises canadiennes d’aliments et de boissons ont besoin de nouveaux systèmes de soutien qui favoriseront leur connectivité et leur permettront de développer des relations pouvant aboutir à des projets de R et D collaboratifs et des résultats novateurs.

D’un bout à l’autre du pays, les participants du forum ont mentionné un besoin accru de renforcer la collaboration entre les intervenants ayant des besoins communs afin d’accroître l’efficacité et d’optimiser les ressources disponibles. Leurs suggestions incluent :

  • Un événement national portant sur l’innovation, tenu par l’ICA, qui donne aux innovateurs canadiens en alimentaire l’occasion de se réunir, d’apprendre, de s’inspirer d’idées et de réseauter.
  • Des tables rondes sur l’innovation animées par l’ICA et conviant un groupe cible déterminé issu du même sous-secteur ou de la même région afin de faciliter le réseautage, l’échange d’idées et la recherche de solutions à envisager de manière collaborative. Pour que ce concept de table ronde fonctionne, il est essentiel de rapprocher d’une part les spécialistes de l’industrie alimentaire qui connaissent les tendances du marché et des consommateurs et d’autre part les experts interdisciplinaires en sciences et en génie.
  • Des occasions d’apprentissage en ligne tenues régulièrement sur des sujets clés communs à tous les types de transformateurs d’aliments et de boissons (p. ex. étiquetage, emballage, ressources humaines, sources de financement). Cette avenue offrirait une plate-forme favorisant des interactions plus régulières en dehors de l’événement annuel se déroulant en personne. Un groupe What’s App administré par l’ICA pourrait renforcer cette connectivité en assurant des communications constantes et instantanées dans l’industrie.
  • Au-delà de la communauté de la transformation alimentaire, l’ICA pourrait organiser des ateliers sur les meilleures pratiques adoptées par d’autres grappes économiques, voire établir des liens à l’extérieur des frontières canadiennes avec des entreprises en démarrage qui oeuvrent dans le domaine alimentaire afin de les recruter dans l’écosystème canadien des aliments et des boissons.

Représenter l’industrie auprès du gouvernement

Outre le rôle de facilitateur de collaborations que joue l’ICA dans le secteur, il était clair que l’industrie et la communauté de recherche soutiennent le nouveau rôle que joue le groupe en tant que principal  organisme responsable de représenter l’industrie canadienne de la transformation des aliments et des boissons lors de discussions avec les gouvernements fédéral et provinciaux sur les politiques et les programmes liés à la R et D et à l’innovation.

Grâce à ses relations avec des associations provinciales de transformation des aliments et des boissons, l’ICA a accès à plus de 2 000 entreprises canadiennes dans l’industrie et entretient des liens avec des établissements de recherche dans toutes les régions du pays. Ce réseau, combiné à l’objectif principal de l’ICA qui consiste à stimuler l’innovation au sein de l’industrie canadienne, permet à l’organisme de jouer un rôle crucial dans la prospérité économique du Canada par l’intermédiaire de cette industrie vitale.

Pour mettre en oeuvre des solutions qui répondront aux besoins relevés par les participants du forum, l’ICA se heurte à un obstacle : des ressources limitées. Pour réaliser une gamme élargie d’activités, il faudra réunir des capitaux de démarrage pour mettre au point les produits et services requis, puis élaborer un moyen de monétiser la valeur livrée afin de rendre ces produits et services financièrement viables.